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Évaporation d’une piscine : combien d’eau perd-on vraiment ?

Beaucoup de propriétaires croient à une fuite alors qu’ils observent une évaporation normale. Le phénomène est particulièrement marqué sous un climat chaud et sec comme celui de Marrakech : il mérite d’être connu, parce qu’il change la façon de concevoir un bassin.

De quoi on parle

Une piscine perd de l’eau tous les jours, sans qu’aucune vanne ne soit ouverte : c’est l’évaporation. En conditions tempérées elle reste discrète ; sous forte chaleur et air sec, elle change d’échelle et devient le premier poste de consommation du bassin, très loin devant la vidange.

Les valeurs dépendent trop du bassin, de son exposition et de la météo du moment pour qu’on puisse en donner une ici sans induire en erreur. Ce qui compte, c’est de savoir que la perte est quotidienne, qu’elle se mesure facilement sur votre propre bassin, et que le remplissage d’appoint fait partie de l’entretien courant.

La chaleur n’est pas le premier facteur

La température de l’air joue, évidemment. Mais deux autres facteurs pèsent autant, voire davantage.

L’hygrométrie. Plus l’air est sec, plus il absorbe de vapeur. C’est ce qui rend l’évaporation si forte dans les régions arides : à température égale, un air sec assèche un bassin bien plus vite qu’un air humide.

Le vent. Il renouvelle en permanence la couche d’air saturée juste au-dessus de l’eau, et relance l’évaporation. Un bassin exposé au vent perd nettement plus qu’un bassin abrité, à conditions identiques.

Distinguer une évaporation d’une fuite

Le test du seau, simple et fiable : posez un seau rempli d’eau du bassin sur une marche immergée, de façon que l’eau soit au même niveau dedans et dehors. Marquez les deux niveaux. Après 24 à 48 heures, comparez les baisses. Si elles sont identiques, c’est de l’évaporation. Si le bassin a plus baissé que le seau, cherchez une fuite.

Ce qui marche pour limiter les pertes

Une couverture. Une bâche à bulles ou un volet roulant coupent l’essentiel de l’évaporation ; même une simple bâche posée le soir et retirée le matin en supprime une bonne part. C’est de très loin le geste le plus efficace. À noter : le logement d’un volet doit être prévu au devis.

Couper le vent. Une haie, un muret, une plantation en limite du bassin réduisent l’évaporation et améliorent le confort de baignade. Cela se pense à la conception du jardin.

Ne pas surchauffer. Chaque degré gagné par un chauffage est un degré qui accélère l’évaporation. Sous nos latitudes, le soleil suffit largement une bonne partie de l’année.

Modérer les jeux d’eau. Une cascade est magnifique, mais elle pulvérise l’eau et augmente sa surface d’échange avec l’air. La faire fonctionner par séquences plutôt qu’en continu limite la perte.

Récupérer les eaux de lavage du filtre. Elles peuvent partir vers l’arrosage plutôt qu’à l’égout, à condition de l’avoir prévu au moment de l’installation du local technique.

Ce que ça implique à la conception

Presque toutes ces mesures se décident avant de creuser. Le logement d’un volet roulant, l’orientation du bassin par rapport au vent dominant, l’ombre portée sur une partie de la plage, le circuit de récupération des eaux de lavage : rajoutés après coup, ils coûtent cher ou deviennent impossibles. Dans une région où l’eau est une ressource comptée, c’est une conversation à avoir dès le premier rendez-vous.

Envie d’un bassin qui consomme moins ?