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Entretenir un lagon sous le climat de Marrakech

Un bassin qui se tient tout seul en Normandie demande une autre routine ici : l’eau passe les 28 °C, le vent apporte du sable qui traverse les paniers de skimmer, l’eau du réseau est dure et le niveau baisse sans que personne n’ouvre une vanne. Quatre contraintes, quatre réglages à changer.

La chaleur : tout s’accélère

Au-delà de 28 °C, l’eau devient un milieu bien plus favorable aux algues et aux bactéries, et le désinfectant se consomme beaucoup plus vite. Trois conséquences pratiques :

  • Le temps de filtration doit suivre la température, pas le calendrier.
  • Les contrôles d’eau passent d’hebdomadaires à bi-hebdomadaires en plein été.
  • Une plage immergée peu profonde peut dépasser de plusieurs degrés la température du bassin principal : c’est souvent là que les problèmes commencent.

La poussière et le vent de sable

C’est la contrainte la plus spécifique au climat marocain. Les fines particules ne se comportent pas comme des feuilles : elles passent les paniers de skimmer et vont directement charger le filtre.

  • Après un épisode venteux, filtrez en continu 24 à 48 heures.
  • Surveillez la pression du filtre : une hausse de plus de 0,3 bar au-dessus de sa valeur propre impose un lavage, même si le dernier est récent.
  • Un floculant aide à agglomérer les particules trop fines pour être retenues — mais il ne s’emploie pas avec tous les types de filtres.
  • Une couverture utilisée hors baignade réduit massivement les apports.

L’eau dure

L’eau de la région est généralement calcaire. Une dureté élevée, combinée à un pH qui dérive vers le haut — ce que l’électrolyse au sel accentue —, dépose du tartre sur la ligne d’eau, dans les canalisations et sur les électrodes de l’électrolyseur.

La parade tient en deux gestes : tenir le pH dans la plage recommandée sans le laisser filer, et surveiller le TAC pour que le pH reste stable. Un TAC trop bas, et le pH devient impossible à maîtriser : on corrige sans arrêt sans jamais stabiliser.

L’évaporation

En été, l’évaporation devient un poste à part entière : voir ce qui fait varier les pertes par évaporation. Deux effets à connaître : le niveau baisse jusqu’à désamorcer le skimmer si on ne le surveille pas, et l’eau qui s’évapore laisse ses sels et son calcaire derrière elle, ce qui concentre progressivement les minéraux. Le remplissage d’appoint fait partie de l’entretien, pas des imprévus.

Un calendrier adapté

Toute l’année

  • Vider les paniers de skimmer et de préfiltre de pompe.
  • Contrôler le niveau d’eau, surtout après un épisode chaud.
  • Vérifier la pression du filtre.

De mai à septembre

  • Contrôle de l’eau deux fois par semaine.
  • Temps de filtration ajusté à la température.
  • Brossage de la ligne d’eau et de la plage immergée : c’est là que le dépôt s’installe.
  • Couverture posée dès que le bassin n’est pas utilisé.

De novembre à février

  • Filtration nettement réduite, mais rarement arrêtée : l’hiver est doux et un bassin totalement à l’arrêt verdit.
  • Électrolyseur ralenti ou coupé en dessous d’environ 15 °C.
  • Contrôle mensuel de l’équilibre de l’eau.

Ce qu’il ne faut pas faire

Vidanger complètement le bassin pour « repartir sur une eau propre » est une mauvaise idée : c’est un gaspillage considérable dans une région où l’eau compte, et une piscine vide subit des contraintes de structure — surtout si la nappe est proche. Dans l’immense majorité des cas, un traitement correctif et un bon lavage de filtre suffisent.

Une routine correcte tient en une vingtaine de minutes par semaine, à condition d’être calée sur votre bassin et non sur un calendrier générique. Si vous héritez d’une piscine dont vous ne connaissez pas l’installation, commencez par faire relever trois choses : le débit réel, la dureté de l’eau, l’état du filtre.

Un lagon à entretenir à Marrakech ?